Logo 10es Assises nationales de la gestion territoriale des déchets - Agen - 18 et 19 juin 2008 Titre 10es Assises nationales de la gestion territoriale des déchets - Agen - 18 et 19 juin 2008 Logos co-organisateurs 10es Assises nationales de la gestion territoriale des déchets - Agen - 18 et 19 juin 2008 Logos MEDAD 10es Assises nationales de la gestion territoriale des déchets - Agen - 18 et 19 juin 2008

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Les interviews en ligne sur le site de notre partenaire terre.tv :
ADEME : UN MESSAGE FORT
Chantal Jouanno, Présidente de l’ADEME

ECO-EMBALLAGES : UN PRECURSEUR DU RECYCLAGE
Bernard Hérodin, Directeur général d’Eco- Emballages

LES GRANDS AXES DE LA POLITIQUE DE GESTION DES DECHETS
Laurent Michel, Directeur délégué aux risques majeurs, Ministère de l’Ecologie

PLAN DEPARTEMENTAL D’ELIMINATION ET DE VALORISATION DES DECHETS
Jacques Bilirit, Vice-Président du Conseil général du Lot et Garonne, Président du syndical départemental de l’élimination et de la valorisation des déchets

TERRE.TV

http://www.terre.tv

Questions à Chantal JOUANNO...
Présidente de l’ADEME
Chantal JOUANNO

Quelles sont les préoccupations de l’ADEME face à la gestion des déchets en France ?

Il y en a plusieurs! La première sans doute, c'est le constat que dans un monde où la tension sur les matières premières – matériaux et ressources énergétiques – entre dans une spirale inflationniste inquiétante, les déchets ne contribuent pas suffisamment à l'indispensable développement d'une économie plus "circulaire" et sont encore une source de gaspillage excessif. Paradoxalement, car il y aura sans doute encore longtemps une part de déchets condamnés à être traités. Aussi, la seconde préoccupation est peut-être la crainte que les difficultés croissantes rencontrées pour implanter de nouvelles capacités de traitement, face aux oppositions des populations, ne finissent par accroître sensiblement les transports de déchets et influer négativement sur l’environnement et les coûts de leur gestion. La maîtrise des coûts est d'ailleurs bien évidemment en soi une préoccupation particulièrement importante.

En matière de politique de gestion des déchets, que pensez-vous de celle de la France ?

La politique française, qui vient d'être sensiblement renforcée par les travaux du Grenelle et qui vise en toute priorité à prévenir les déchets puis à les valoriser, va évidemment dans le bon sens et c'est une politique d'ailleurs partagée au niveau européen. Sur l'état actuel de la mise en œuvre, mon avis est plus nuancé, avec des aspects très positifs comme la bonne qualité globale de notre parc d'installations de toutes natures - des déchèteries aux incinérateurs et centres de stockage -, le bon fonctionnement des principales filières dites de "responsabilité élargie des producteurs" comme celle des emballages ménagers ou des DEEE, et des aspects moins positifs comme un taux de recyclage général encore insuffisant ou la part encore trop importante de recours au stockage.

Comment voyez-vous évoluer les politiques françaises en termes de traitement des déchets ? Vers quelles directions s’orienter ?

Parvenir à généraliser suffisamment la prévention de sorte que cela se traduise de manière claire dans les chiffres de production  de déchets est certainement un enjeu majeur des années à venir. Il faudra beaucoup de travail, à tous les niveaux, pour que cette pratique entre dans les comportements "ordinaires" de tous., Les décisions du Grenelle comme la généralisation d'une tarification incitative pour l'usager ou le développement du compostage domestique doivent y contribuer.

Il faut accentuer par ailleurs, et le Grenelle le prévoit également, l'effort d'implication du monde de la production dans la fin de vie des produits, et intégrer la gestion des déchets dans des politiques plus larges de production et de consommation plus durables.

L’ADEME est  partenaire des  Assises de la gestion territoriale des déchets depuis plusieurs années. Pourquoi accordez-vous tant d’importance à cette coopération ?

Les Assises font partie des quelques grands rendez-vous réguliers d'échanges et de propositions sur la politique comme sur les pratiques de gestion de déchets, c'est donc tout naturellement que l'agence s'y associe, compte tenu de ses missions d'une part de développer les bonnes pratiques notamment par l'échange d'expériences, d'autre part de contribuer à préparer le futur de la gestion des déchets.




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Questions à Jacques PELISSARD...
Président de l’Association des Maires de France
Jacques PELISSARD

Dans quelle mesure l’AMF se voit concernée par la gestion territoriale des déchets ?

La gestion des déchets est une préoccupation majeure pour les communes et leurs groupements ; à ce titre, elle concerne l’Association des Maires de France. C’est pourquoi, l’AMF s’est mobilisée depuis de nombreuses années, afin de contribuer à la modernisation de ce service public, tout en préservant ses missions fondamentales.

Dans le domaine des déchets, comme dans d’autres domaines de la compétence des communes, l’AMF défend avec vigueur le principe d’une gestion territoriale, la nécessité de prendre en compte les réalités locales, de définir des projets à l’échelon territorial le plus pertinent, la commune ou le regroupement de communes.

La 10ème édition des Assises Nationales de la gestion territoriale des déchets, vous semble t- elle adaptée à la conjoncture environnementale et politique ?

Si les maires ont toujours été convaincus de l’importance de la gestion des déchets, les citoyens sont parfois rebutés par le caractère très technique du sujet. Le Grenelle de l’environnement est venu opportunément rappeler à chacun les enjeux liées à la gestion des déchets, la nécessité d’en réduire la production, d’en maîtriser la pollution, de développer le recyclage et la valorisation. Par ailleurs, l’arrivée de nouveaux élus dans les communes rend particulièrement opportun l’existence d’un lieu d’échanges de bonnes pratiques, qui permet aux élus plus expérimentés de partager leurs savoir faire avec les nouveaux élus.

Depuis la révision de la directive-cadre de 1975 sur les politiques françaises, quels changements incombent aux municipalités ?

Pour les municipalités, la gestion des déchets a connu une véritable mutation ces 20 dernières années : mise en place des collectes sélectives, création de nouvelles filières de recyclage, mises aux normes des installations de traitement, relance de la valorisation organique, gestion partenariale des filières. Toutes ces évolutions majeures ont été initiées par l’AMF, réalisées et vécues par les communes et leurs groupements.

Pensez-vous que le traitement des déchets en France doit être pensé et géré en globalité sur le territoire ou au contraire faire l’objet d’une gestion territorialisée ?

Les deux niveaux sont indispensables : un cadre défini nationalement afin de mutualiser les solutions et de développer de véritables projets industriels, par exemple en matière de recyclage, mais également une gestion territoriale au plus près des contraintes locales et des habitudes des habitants. La gestion des déchets et la lutte contre les pollutions qui pourraient résulter de pratiques non environnementales constituent des enjeux suffisamment importants pour mobiliser tous les niveaux de responsabilités, depuis les pouvoirs publics jusqu’aux autorités locales, et naturellement les habitants.

Association des Maires de France
www.amf.asso.fr

Interview réalisée par Virginie Cadieu, Responsable communication/relations presse - IDEAL Connaissances - le 15 mai 2008


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Questions à Paul Deffontaine...
Président du cercle national de recyclage
Paul DEFFONTAINE

Quel est le point fort de votre association ?

La défense des collectivités et du concept de développement durable appliqué au traitement des déchets, soit concrètement le développement du principe de la Responsabilité Élargie des Producteurs (REP) encore appelée internalisation des coûts. Nous considérons en effet qu'il s'agit là du meilleur procédé pour responsabiliser les producteurs (incitation à l'éco-conception) et les consommateurs par l'acte d'achat plus éclairé et plus engagé.

Participer à ces assises est un moyen de partager vos connaissances en matière de recyclage, mais qu’en est-il, selon vous de l’impact de vos actions aujourd’hui ?

Une plus forte orientation vers la REP (DASRI, déchets dangereux, meubles...) exprimée dans le grenelle de l'environnement mais que c'est difficile.

Quelle place prend le recyclage dans la gestion des déchets ?

La place première. La place essentielle, il ne faut plus considérer l'essentiel des déchets comme du déchet mais comme une matière à requalifier pour un nouvel usage.

Dans quelle mesure, selon vous, le grenelle de l’environnement a permis de faire évoluer  la gestion des déchets dans notre pays ?

Très peu en réalité, surtout en raison de l'impossibilité gouvernementale d'y mettre les moyens financiers.

Comment définiriez-vous la gestion optimale des déchets ?

La gestion optimale des déchets passe prioritairement par la nécessité d'éviter les mélanges et/ou de développer le tri sous ses multiples formes pour accentuer le recyclage : "le mélange est l'ennemi du recyclage".



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Questions à Camille Durand...
Président d’Amorce, et 1er Vice-président de Nantes Métropole communauté urbaine
Camille DURAND Vous intervenez sur les assises nationales de la gestion territoriale des déchets, à chaque édition, depuis leur création.
Qu’est-ce qui vous attire ?


Ces assises ont pour premier objectif de rassembler les élus sur une thématique qui les préoccupe particulièrement: les déchets. Et c’est ce qui fait la force de cet événement, car les élus doivent apprendre leur métier et trouver des solutions, notamment en matière de déchets.
Mais, dans ce type de rencontres, il faut veiller à renouveler les thèmes traités si on veut être sûr de son succès et intéresser les participants. Ces Assises nécessitent un nouvel élan !...


Alors justement, pour cette 10e édition, les Assises se renouvellent et changent même de nom ! Qu’en pensez-vous ?

Je pense que ces 9 parcours thématiques permettront effectivement à chaque participant de composer sa feuille de route en fonction de ses centres d’intérêts. Le colloque scientifique est une très bonne idée, puisqu’il permettra aux scientifiques de s’exprimer sur l’impact de la gestion des déchets en matière de santé. Les chercheurs présents répondront aux questions des élus et gestionnaires de déchets et les informeront des découvertes relatives à la santé publique. Les participants auront donc une autre vision de la problématique. Enfin, je suis heureux de pouvoir participer au colloque dédié aux présidents et attends, avec beaucoup d’impatience, les résultats et la synthèse de ces débats !


En tant que Président d’Amorce, la question de la gestion des déchets vous préoccupe particulièrement depuis des années. Comment souhaiteriez-vous que ceux-ci soient gérés ?


Le traitement ‘multifilières’ me semble être la gestion la plus cohérente. Nous parlons beaucoup de la prévention qui est très importante, mais fort compliquée à pratiquer par les collectivités.
Il faut mettre en place le recyclage, le compostage, la méthanisation, l’incinération…, pour déposer un minimum en décharge. Cependant, toutes les collectivités n’ont pas les moyens de réaliser de tels traitements, d’où l’intérêt de déléguer la gestion des déchets au regroupement des collectivités.


Vous parlez de prévention, alors six mois après le Grenelle de l’environnement, quelles sont les politiques, selon vous, à concevoir en matière de prévention et de valorisation des déchets ?

La prévention n’est pas le rôle des collectivités locales, selon moi. Le fait de diminuer les emballages n’est pas de leur ressort. Maire de Saint de Boiseau (44), j’ai moi-même eu une expérience assez malheureuse dans ce domaine. En effet, dans ma commune, nous avons notre propre restauration scolaire, et le cuisinier s’approvisionnait chez le boucher. Or, les services vétérinaires nous ont demandé d’acheter de la viande ‘sous vide’, pour des raisons d’hygiène. On a dû se plier à cette décision qui, bien évidemment, allait à l’encontre de mes convictions. Et la quantité d’emballages s’est accrue de manière considérable !
Ceci démontre bien que les collectivités ne sont pas les mieux placées pour faire de la prévention, et sont tributaires d’un tas de facteurs qui vont à l’encontre même de la prévention.


Vous êtes donc sûrement favorables au principe du pollueur/payeur !...


Oui, bien évidemment, puisque ce sont les industriels et les consommateurs qui sont responsables de ces déchets.
Nous souhaiterions donc que la grande Loi sur les déchets, suite au Grenelle, impose aux industriels de payer davantage qu’à hauteur de 50%. Nous voulions que ce soit à 100%, mais ceci a été refusé. Aussi, nous redoutons que cette Loi n’implique des contributions supplémentaires aux collectivités, entraînant des dépenses complémentaires…
Il me semble donc nécessaire que la redevance incitative (RI) prenne en charge l’intégralité des coûts. Elle inciterait les usagers à générer moins de déchets. En contrepartie, il faut bien évidemment prendre le temps d’expliquer aux usagers ce passage à la redevance.


Vous ouvrez et participez au colloque Présidents, quelle réflexion souhaitez-vous conduire lors de la première table ronde ?

Les nouveaux élus ont 6 ans pour établir et mener à bien une politique sur les déchets, dans leur commune et département. En matière d’équipements, comment peuvent-ils mettre en place la collecte sélective ? Quel est le territoire pertinent pour une planification départementale ? Régionale ?
Enfin, une fois le plan établi, comment peuvent-ils le réaliser ? Comment peut-il être opposable ? Seule une réponse claire permettra de dépasser le débat inégal élus / opposants à toute implantation.



Interview réalisée par Virginie Cadieu, Responsable communication/relations presse - IDEAL Connaissances - le 10 avril 2008



Renseignements : Maïlys MORENO, Chef de projet - m.moreno@idealconnaissances.com - Tél. : 01 45 15 80 98
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